Les Julie sont tombées en premier — c’est toujours comme ça. Petites, sucrées, celles que les voisins attendent. On a rempli une caisse et on l’a laissée au portail. Elle était vide le lendemain matin.
Le grand manguier au fond du jardin prend encore deux ou trois semaines. Celles-là, on les mange debout, le jus qui coule dans le bras, sans se battre pour une assiette. Léon va voir tous les matins depuis une semaine.
Le jardin produit sans qu’on lui demande grand-chose. Anaïs l’a planifié comme ça — des arbres fruitiers calés l’un après l’autre dans la saison, pour qu’il y ait toujours quelque chose qui arrive. Après les mangues, ce seront les papayes, puis le fruit de la passion qui grimpe sur la clôture de la terrasse.
Les hôtes qui arrivent en avril ou mai mangent dans les arbres. On laisse un panier dans l’A-frame, on dit de se servir. Personne n’a jamais refusé.