On est sur la route de Zaïre, dans les hauteurs de Sainte-Luce. Pas proche de la plage — il faut une voiture pour y descendre, cinq à dix minutes. Mais ici, au milieu de la campagne, c’est calme d’une façon qu’on ne trouve pas sur le littoral.

Le quartier est petit et rural. Tout le monde se connaît. Il y a des coqs à partir de quatre heures du matin — ce n’est pas exactement un argument de vente, mais c’est honnête. Le genre d’endroit où un voisin dépose des fruits au portail, et on lui laisse des mangues en retour. Il y a aussi une coutume ici qu’on aime beaucoup : le matin, quand quelqu’un part travailler, il donne un petit coup de klaxon. Le voisin répond — un simple « hé » — pour faire savoir qu’il a entendu. Chacun veille sur l’autre. On recommande toujours aux visiteurs d’écouter ces petits rituels.

La vue s’ouvre dans deux directions : la Femme Couchée et le Rocher du Diamant d’un côté, Sainte-Luce de l’autre — encadrés par un manguier, dans un espace décloisonné qui capte toutes les brises.

On est à cinq minutes de la Forêt de Montravail — une des plus vieilles forêts de Martinique, fraîche et ombragée avec de grands acajous, bonne pour marcher, bonne pour ne rien faire. Les Roches Gravées sont tout proches aussi : des pétroglyphes amérindiens taillés dans l’andésite, 14 visages gravés dans la roche depuis plus d’un millénaire, classés monument historique. On y va à pied en vingt minutes depuis la maison.

Pas de voisins bruyants, pas de passage, pas de bus touristiques. La route se termine pas loin après chez nous.

Le samedi matin, le marché de Sainte-Luce est bien achalandé — tomates, christophines, bananes fraîches, à de très bons prix. Le marché de Rivière-Pilote vaut aussi le détour.

Les gens arrivent en imaginant un complexe balnéaire et trouvent autre chose — un endroit pour vraiment s’arrêter, où les journées ralentissent et c’est le jardin qui fait l’animation.